« Les comptes économiques du Mali » constituent une publication annuelle de l’Institut Nationale de la Statistique. Les comptes économiques du Mali sont élaborés selon la méthodologie du « PIB plus comparable ». Le PIB plus comparable est une méthodologie harmonisée d’élaboration des comptes nationaux mise en place par AFRISTAT dans tous les pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA).
Les comptes économiques du Mali présentent le PIB nominal et le PIB réel en ressources et en emplois selon les différents secteurs d’activité et les différentes utilisations. Ils font apparaître en outre le taux de croissance réel de l’économie et les taux de croissance sectoriels.
Enfin, le document des comptes économiques fait ressortir une décomposition du PIB en positions élémentaires c'est-à-dire selon les différentes catégories de consommations
La méthodologie actuelle d’élaboration des comptes économiques du Mali a été adoptée en 1985. Les besoins en matière de convergence économique au sein de la zone UEMOA ont conduit à apporter à partir de janvier 2003, des modifications légères dans les différentes méthodologies utilisées par les Etats membres, en vue d’une plus grande comparabilité des variables économiques et financières. Les données issues des comptes nationaux des pays de l’Union n’étaient pas comparables du fait notamment :
- de la qualité inégale des données de base ;
- de la différence dans les méthodologies d’élaboration ;
- des champs couverts par les comptes ;
- de la variabilité d’un Etat à un autre.
Les travaux effectués à cet effet par AFRISTAT, sur les comptes nationaux des pays de l’Union ont permis d’obtenir une harmonisation des champs et des méthodes d’élaboration selon les recommandations du Système de Comptabilité Nationale (SCN 73).
Ces améliorations apportées dans le calcul du PIB ont eu des conséquences sur le niveau et la croissance du PIB, et sur le profil d’évolution des critères de convergence. Pour l’ancienne méthodologie, les innovations portent sur trois éléments :
- les loyers imputés ;
- la consommation de capital fixe des Administrations,
- l’imputation de la campagne agricole.
Les loyers imputés concernent l’autoconsommation en matière de logement. Il s’agit au fait d’évaluer en terme de valeur locative, le service de logement de la population qui réside dans leur propre habitation. Dans l’ancienne méthodologie, l’évaluation de la production des services de location est faite uniquement à partir des services de location marchands. L’extension du champ des comptes à ce niveau prend en compte le montant estimé des loyers que les propriétaires de maison devraient payer s’ils étaient en location.
La consommation de capital fixe (CCF) de l’Administration est un coût de production. Elle peut se définir comme la diminution de la valeur courante du stock d’actifs fixes détenus et utilisés par l’Administration publique du fait de la détérioration physique, de l’obsolescence prévisible ou des dommages accidentels pouvant être considérés comme normaux.
Pour le calcul de la CCF de l’Administration, il est fait recours aux données de l’amortissement corrigées à l’aide de la méthode des coûts historiques aux prix courants. Dans le calcul de la CCF au Mali, il a été retenu comme durée de vie des équipements une période de 5 ans et pour les Bâtiments et travaux d’aménagement une période de 10 ans.
La production de la campagne agricole (n/n+1) était auparavant imputée à l’année civile (n+1) du fait que la commercialisation des principaux produits agricoles s’effectue pour l’essentiel en année (n+1). Pour rester conforme aux recommandations du SCN 93, la production de la campagne agricole (n/n+1) est imputée désormais à l’année (n). Cette méthode d’imputation se justifie par le fait que la presque totalité du processus de production de la campagne agricole (n/n+1) au Mali se déroule au cours de l’année (n), sauf pour quelques rares productions de contre saison.